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TETHYS A SANTO OCTOBRE 2019

Grande première :
je crée ce blog à la suite d'un différent avec Monsieur Zuckerberg . Adieu Facebook donc, en tout cas en ce qui concerne Téthys.
Je reprends mon récit à Santo (que vous avez déjà reçu) et y ajoute les photos afférentes (que vous n'avez pas vues). 



Le Président Coolidge
N'ayons pas honte de le dire, une journée "off" nous fait le plus grand bien. On a tous les deux bien du mal à descendre de la couchette, j'ai l'impression d'avoir été rouée de coups, une petite nage pépère autour du bateau dans l'eau (27°) transparente, plus de la lecture et autres activités douces nous conviennent tout à fait. Nous préparons notre plongée de demain sur la fameuse épave.  Depuis que nous sommes au Vanuatu nous prenons conscience du colossal effort de guerre que les Américains ont du faire pendant la guerre du Pacifique. En avant pour une page culturelle : Nos cours d'histoire s'étendent peu la dessus, c'est un peu normal, mais cette guerre a mobilisé et tué des millions d'hommes un peu partout dans le Pacifique. Les Japonais faisaient un carton dans la région. La guerre totale a commencé en 1941 après le bombardement de Pearl Harbor, les Américains ont eu une sacré trouille, n'arrivant pas à stopper les Japonais qui en 1943 avaient conquis tout le sud est Asiatique et même réussi à bombarder Darwin en Australie. Bien sûr on a entendu parler des installations américaines à Bora-Bora. En Nouvelle Calédonie on s'est étonné de voir des pistes d'aviation disséminées un peu partout sur le caillou. Certaines sont abandonnées, d'autres servent toujours bien entendu, mais toutes ont été construites en un temps record par les Américains en 1942. Quarante mille soldats y stationnaient, en réserve pour les combats plus au nord, aux Salomon en particulier. Au Vanuatu, les vestiges de l'installation américaine sont présents partout, dans toutes les îles. Sans parler des pistes d'avion, on voit des quais et des casemates en ruine édifiés aussi en 1942 par les quelque cinquante mille soldats américains qui ont bouleversé la vie et la culture des Ni-Vanuatu. Pour la première fois ceux-ci rencontraient des hommes noirs bien habillés avec des beaux uniformes, des beaux chapeaux et des décorations sur leurs vêtements et qui plus est, très gentils, généreux et traitant les Ni-Vanuatu sur un pied d'égalité. C'était exactement le genre de vie que leur avait prédit quelques années plus tôt une espèce de prophète appelé John Frum, ainsi naissait le "Culte du Cargo". En effet, les Ni-Vanuatu constatant que les opérateurs radio obtenaient l’arrivée de navires ou le parachutage de vivres et de médicaments simplement en les demandant dans leurs postes radio-émetteurs, se mirent à les imiter en fabriquant de fausses cabines d’opérateur-radio, avec des postes fictifs dans lesquels ils demandaient à Dieu dans de faux micros l’envoi de toutes ces richesses. Ils sont même allés jusqu'à la construction de fausses pistes d'atterrissage (avec des avions en bois servant d'appeau ?) en attendant que des avions viennent y décharger leur cargaison...
Ce culte perdure encore, mais uniquement dans l'île de Tanna... Mais bon, je m'égare, revenons au Président Coolidge. Ce magnifique paquebot de croisière part en octobre 1942 de Nouméa, bourré de G.I. (5440), matériels, munitions, médicaments à destination de Guadalcanal. Il doit faire escale à Luganville dans la baie où nous sommes, mais pas de pot, à l'époque elle est minée par les Américains, le Capitaine en est avisé et guidé par du personnel au sol, mais on le prévient trop tard qu'il se dirige vers deux mines, il ne peut stopper le bateau à temps, et boum ! 2 explosions se font entendre, le navire prend de la gite rapidement, le Capitaine a le bon réflexe d'aller l'échouer à la côte, il sauvera ainsi tous les hommes sauf 5. En revanche le matériel n'est pas récupéré, c'est une perte énorme car la bataille de Guadalcanal fait rage (elle a duré 6 mois !)  ; les munitions, la quinine (250 000 doses), la pénicilline, et la morphine apportées par le Coolidge vont cruellement manquer aux Salomon. Fin de la page culturelle.
Donc le Coolidge est très prisé par les plongeurs amateurs de vieilles ferrailles, comme ce n'est pas ma tasse de thé, je vais un peu briser le rêve. Disons qu'elle est exceptionnelle par ses dimensions (200 mètres de long), son accès facile, on peut s'y rendre depuis la plage, et enfin le fait que les plongeurs de tout niveau peuvent y aller puisque les premiers ponts ne sont qu'à 20 mètres de profondeur, mais ça descend jusqu'à 70 mètres pour les plus "accros".
Le hic c'est que la visibilité inférieure à 15 mètres nous empêche d'en voir toute l'énormité. L'épave est recouverte d'une poussière beige qui s'envole au premier coup de palme, y compris dans les cales...  On ne peut y plonger qu'avec un guide car son immensité fait qu'il est très facile de s'y perdre. Cela sous entend une plongée en groupe et les moniteurs ont beau nous montrer, les jeeps empilées, les toilettes suspendues, les fusils, les tonnes et les tonnes de matériels divers, les fioles et ampoules de médicaments, très rapidement tout cela disparait sous un nuage de particules et on imagine plus qu'on ne voit. Et enfin, à part quelques touffes de coraux, 2 platax, 3 petits sergents majors et quelques anthias qui tournent en rond, il n'y a aucune vie. Tout de même, on peut observer des familles de poissons clowns et une squille mante qui fait l'intéressante sur une patate à 4 mètres de fond, là où on fait nos paliers. Cependant, pour 130 euros les 2 plongées, moi j'estime que je n'en ai pas pour mon argent, aussi je laisse Yves y retourner seul. Le deuxième jour en effet, le rituel veut qu'on aille voir la "Lady", à 43 mètres de fond. Ah, ah, mais qu'est ce donc ? La Lady est un haut relief carré de 80 cm de coté en porcelaine, représentant une femme et une licorne. Elle est le seul vestige du passé luxueux du Président Coolidge et son emblème, qu'il "faut" avoir vu et si possible photographié  - Voilà, c'est 130 € de plus. En fait le prix inclus les 2 plongées, l'utilisation d'un bateau, une façon beaucoup plus confortable d'aller sur les lieux, un snack délicieux avec des fruits tout épluchés entre les deux plongées, hummm... De plus à bord se trouve de l'oxygène, une grosse valise pour les premiers secours et un défibrillateur, on aurait presque envie de se faire un petit accident pour essayer tout ça.
Nous restons encore 2 jours à Santo, à flâner le long de la côte est qui offre quantité de beaux mouillages, aux eaux claires et chaudes, malheureusement dépourvues de poissons. La baie la plus jolie s'appelle Port Olry, avec des plages blanches, des dégradés de verts dans la végétation et de bleus dans l'eau, un régal. Malheureusement le drone ne veut pas marcher et l'appareil photo de Yves ayant pris un bon bain lors de notre expédition "Indiana Jones" est hors service. Alors malgré toutes ces conditions idylliques, le capitaine est grrrrrrrr.
Nous partons vers le nord, le climat a carrément changé, comme en Polynésie, il fait très chaud, on étouffe s'il n'y a pas une petite brise, l'eau atteint 28°. Une fois de plus nous tentons de pêcher. Nous n'avons jamais rien pris au Vanuatu. Paul du centre de plongée nous a expliqué qu'il y a quelques années un bateau usine chinois s'est installé à Luganville avec toute une flottille de senneurs ou ligneurs, je ne sais. En tout cas, ils ont péché, péché, péché et quand ils n'ont plus rien attrapé, ils sont partis.

   
Calandre de jeep
Le moniteur se donne du mal pour animer la plongée

de la menue vaisselle
 T
Siège du dentiste



On est dans le réfectoire


Jeep, on peut en voir des dizaines


Réservoir d'essence pour les avions 

Fioles dans la pharmacie













Jeep entassées partout dans les cales
Les cales sont immenses, on peut s'y perdre
Toilettes collectives
  
un peu de fouillis poussiéreux
  

la pharmacie
le moniteur fait ce qu'il peut !
Encore du cinéma....
Des obus partout



Fioles dans la pharmacie
La fameuse Lady
La Lady dans son environnement

Toujours la pharmacie






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