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RÂTEAUX A COROMANDEL

Côte est de Coromandel en vue
Côte est Coromandel


Après le séjour enchanteur sur la Grande Mercury, on se rapproche du continent pour rejoindre Coromandel.
La péninsule de Coromandel est cette longue bande de terre qui monte vers le nord en face d'Auckland et délimite le golfe d'Auraki au fond duquel se trouve la métropole.
L'idée est de relâcher dans une des nombreuses baies de la côte est de cette péninsule, d'en faire le tour et de redescendre vers le sud jusqu'à la petite ville de Coromandel (1600 habitants) surtout connue pour son passé historique (ruée vers l'or), ses artistes-peintres et ses moules fumées...
Premier râteau :
on a le vent dans le nez, il souffle du nord-est et la houle assez forte s'engouffre dans toutes  les baies de la côte est largement ouvertes vers le large. On pêche un thon puis comme on avance bien on décide d'aller directement dans le golfe d'Arauki et longer la côte ouest.

Deuxième râteau :
 à midi  le vent tombe totalement et l'on doit avancer au moteur avec une heure d'arrivée probable à 19 heures à Coromandel, ça ne nous plait pas trop mais la côte n'offre aucun autre abri sinon quelques baies encombrées de filières à moules.




Sauf que tout le long s'égrènent des gros rochers ou petites îles comme vous voulez, appelées groupe de Motukawao au noms pittoresques : Motuwi, Motuwinukenuke, Motuwhakakewa...à 17 heures on n'en peut plus de naviguer au moteur et on jette notre dévolu sur Motuwi pour ancrer dans une vague crique, un mouillage absolument pas répertorié dans les guides mais on s'en fout vu qu'il n'y a pas de vent.
mouillage de Motuwi

Après une nuit parfaite nous faisons cap vers l'immense rade de Coromandel.
plage dans la baie de Coromandel

On met un temps fou à arriver au fond, pas trop loin d'un wharf et relativement à proximité de la ville construite le long d'une rivière, mais aucun point de débarquement n'y est indiqué.
Nous embarquons tous les cinq sur le zodiac avec nos 5 jours de poubelles, il est grand temps de s'en débarrasser. Le wharf très propre est plus ou moins réservé aux pêcheurs professionnels de moules mais nous pouvons cependant y amarrer l'annexe à coté de quelques voiliers.
Le wharf où on attache l'annexe
   On se met en route à pied avec nos trois sacs poubelles,  la ville est à un kilomètre. J'arrive d'abord à me débarrasser des bouteilles en verre dans une poubelle privée, puis on tombe sur une aire de piquenique où on peut caser quelques trucs. En fait en NZ il faut payer pour se débarrasser de ses déchets. Nous plaisanciers nous pouvons le faire dans les marinas et les touristes "terriens"  dans les terrains de campings (toujours moyennant finances bien sûr).

   Mais comme nous n'allons dans aucune marina, il nous faut ruser et nous finissons par laisser nos boites de bières également dans une poubelle de recyclage privée , ce n'est pas glorieux mais nous n'avons pas d'autre solution, pas assez de place à bord pour tout conserver pendant 3 semaines...
maison traditionnelle à Coromandel

Coromandel

Nous voici dans Coromandel, sus au supermarché. On prend notre temps, on admire les jolies maisons, puis Yves déclare :" pendant que vous terminez les courses, je vais chercher l'annexe, je viens vous récupérer le long de la rivière sur le petit quai que vous voyez là-bas"
On flâne un peu avec Annette et les Miaons puis nous nous dirigeons lentement vers la rivière et le quai... qui est privé et dont l'accès est interdit et barré par une grille munie de pointes :Troisième râteau
Coromandel à marée basse
On s'installe le long de la rive boueuse et l'on voit l'eau se retirer lentement dégageant des zones de boue de plus en plus large. Bientôt il ne restera plus qu'un filet d'eau, Yves n'arrivera jamais jusqu'ici. Et d'ailleurs ça fait 3/4 d'heure qu'il est parti et on ne le voit toujours pas...
Puis tout d'un coup, avant même d'entendre le moteur on perçoit ses vociférations,
"Dépêchez vous, la marée descend, on ne va pas pouvoir repartir"
Et nous voici, tout chargé de sacs à provisions, pieds nus dans la vase enfonçant jusqu'à mi mollet,  spoltch , spotlch, pas le temps de se rincer, on embarque des kilos de boue dans l'annexe , Yves remet les gaz, lève le moteur dont l'hélice heurte quand même le fond, on avance en cahotant, une vraie course contre la montre, la mer descend à une vitesse folle, bientôt Téthys sera au sec, pas sûr que nous arriverons à temps .
Bientôt il n'y aura plus que de la boue là ou le zodiac flotte encore

Yves explique que le zodiac était déjà à sec, après avoir pataugé dans la boue pour le rejoindre, il l'a fait glisser dessus puis s'est débattu avec les avirons pour regagner l'eau. Tout seul, cela lui a pris un temps fou...
Nous sommes tous les quatre les yeux fixés sur Téthys, un petit point au loin, il faut avancer doucement malgré l'urgence car la hauteur d'eau diminue dangereusement.
les yeux rivés sur Tethys

Quand enfin on le rejoint, on prend carrément Téthys à l'abordage en jetant chaussures et sacs boueux sur les marches, je me précipite sur le mouillage pendant que Yves met les moteurs en route et qu'Annette, Monique et Pierre tâchent tant bien que mal d'éliminer la boue gluante qui macule les sacs.
 De mon coté je remonte des kilos de boue avec la chaine,  mais quel soulagement quand l'ancre est à bord, le bateau flotte encore, vite on s'enfuit,  adieu Coromandel. Cette petite ville mérite surement une visite plus approfondie, mais tant pis, nous mettons cap au nord vers Great Barrier Island...

A suivre
Trop hâte de rejoindre ce petit mouillage sympa...
Pierre commence à préparer notre futur itinéraire dans l'île du sud


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