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FAKARAVA, intermède sous marin

 

Banc de lutjans

Depuis le temps qu'on en parle, on arrive enfin à Fakarava le 4 octobre.


C'est un grand atoll rectangulaire orienté nord sud, long d'un peu plus de 60 km. Au nord une large passe permet d'arriver rapidement au village principal, Rotoava.

Tout au sud, la passe plus étroite de Tumakohua est connue de tous les plongeurs du monde à cause de son "mur de requins".

Requins gris



Le long de la barrière est, toute frangée de cocotiers, 4 mouillages concentrent tous les plaisanciers, chacun avec un attrait différent.

Au nord Rotoava concentre les 3 magasins, la poste et la mairie. La présence d'un "agent" fournissant différents services aux voiliers retient pas mal de monde.

Plus au sud, à 15 km, Pakokota rassemble pas mal de bateaux, il y a aussi un "agent" fournissant les mêmes services (taxi, démarches administratives, WIFI...)

Pakokota

30 km plus au sud se trouve Hirifa, une immense plage dont le sable blanc donne au lagon des couleurs féériques. Un paysage de carte postale, avec seulement un "faré-caboulot" où l'on déguste soi-disant du délicieux poulet grillé. L'endroit très bien abrité attire de nombreux plaisanciers.

Enfin tout au sud, le long de la passe, le minuscule village de Tetamanu avec le club de plongée international éponyme.

Au mouillage on passe des heures à observer les noddis

Dès qu'on arrive les noddis prennent place sur les aussières ou carrément sur Téthys
Ainsi installés, ils guettent les alevins qui se réfugient à l'ombre sous le bateau


Les alevins sont chassés en même temps par les carangues sous l'eau et les noddis au dessus

Noddi "en piqué"


Environ une quarantaine de voiliers circulent entre ces abris en attendant...la fin des haricots.

Enfin, certains, plus malins et organisés que nous attendent la fin novembre pour garer leur bateau dans les chantiers où ils ont réservé une place depuis janvier afin de rejoindre leurs familles pour Noël.

D'autre attendent, qui une pièce de moteurs, qui une voile, pour mettre le cap vers Panama.

Tous les autres tournent en rond et se tâtent pour naviguer vers tel ou tel atoll en attendant.

Entre autre occupation, la cuisine, ici un gâteau à la farine de manioc 

Alors bien sûr on voisine beaucoup, une petite bière par ici, un petit punch par là . radio-ponton" tourne à fond avec les fausses nouvelles et les rumeurs inexactes.

"La Covid fait rage en France, tôt ou tard la Polynésie va fermer ses frontières, Panama va ouvrir les siennes, la NZ les ferme jusqu'en mai... etc. etc." En résumé, sale temps pour les "tourdumondistes".

Peut être avez vous entendu parler de ce voilier allemand parti de Polynésie française à destination de la NZ. Dès son arrivée il y a 10 jours, l'équipage a été foutu en cabane, puis expulsé , le bateau (16 mètres) confisqué. Il ne s'agit pas d'une rumeur, l'histoire m'a été confirmée par un navigateur allemand resté en NZ, avec qui nous avons partagé le confinement là-bas.

Jules devant nous quitter le 12 octobre, nous décidons malgré le temps pas franchement clément d'aller plonger dans la passe sud.

 un bateau taxi pour se rendre à l'aéroport

Jules a le temps de faire 2 plongées, cela devrait le consoler de n'avoir pu atteindre les Marquises, but ultime de notre navigation conjointe.

La passe de Tumekohua est toujours aussi belle, les requins toujours présents, au moins 200 individus. Ce ne sont pas les 700 comptés par Ballesta, mais tout de même ça impressionne.




Taurillons

requin à pointe blanche




baliste


mérou


perroquet et son poisson nettoyeur


Trompette

Diodon


Une vidéo faite à l'aquarium de Toao (anse Amyot) avec poissons soldats, chaetodons, taurillons et poisson ange

Napoléon

Nous voici donc à nouveau deux à bord de Téthys, au mouillage de Rotoava :16°03 887' Sud, 145°37 167 Ouest;

  Dans la série "on voisine entre "voileux" nous sommes invités un soir à bord de Babouchka, un Amel de 15 mètres appartenant  à Bernard et Véronique. Deux Français installés à Panama depuis belle lurette et qui possèdent une compagnie de voiliers charters opérant aux San Blas. Bien sûr leur affaire ne tourne plus depuis des mois et ils sont venus ici pour passer le temps et éviter de tourner en rond à Panama où les mesures de confinement ont été extrêmement sévères. Là bas il n'y a aucune mesure d'aide aux entreprises et particuliers. Ils disent continuer pour l'instant à verser une petite indemnité à leurs employés (principalement des indiens Kunas) qui restent chez eux et sont sur les starting-block pour regagner Panamas dès que le tourisme reprend.

Catamaran de 42 mètres "Douce France" battant pavillon belge. Nous ne sommes pas allés à bord encore

Un autre plaisancier, Serge, seul sur son Benétau 455 " Imagine" nous rend souvent visite car  nous sommes mouillés l'un à coté de l'autre. Bien souvent il apporte des citrons et du rhum ou une "petite-sauce-cuisinée-avec-amour" pour accompagner les pâtes. Alors bien sûr on l'accueille à bord et je fournis les verres et les spaghettis.

Quelquefois on a des surprises en remontant l'ancre...

Nous sommes plus ou moins obligés de rester dans les Tuamotu, pas trop loin de Fakarava. Nous avons commandé des pièces pour le Spectra (dessalinisateur) qui donne de temps à autre des signes de faiblesse.

Le colis envoyé en Colissimo depuis la France met 1 semaine à arriver à Papeete. Ensuite pour parvenir jusqu'ici, on ne sait pas. Une semaine minimum, mais ça peut durer un mois.

Donc nous allons tournicoter dans les parages, plonger, se promener, voisiner, en espérant bien fort que les voiliers vont continuer à être autorisés à se déplacer d'atoll en atoll.

Courage à vous tous, malgré ces vicissitudes, nous nous considérons comme privilégiés par rapport à ce que vous vivez en métropole.  








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