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MAKATEA et APATAKI 19-23 janvier 2021

 

Cote est de Makatea

En septembre dernier j'ai déjà beaucoup décrit Makatea, cet atoll soulevé, unique en Polynésie française et que nous aimons beaucoup.

Non seulement la plongée y est belle, mais l'intérieur de l'île, très vert et fertile plus son passé chargé d'histoire la rendent incontournable.

poissons papillons pyramides

Après nous être amarrés sur une des 3 bouées installées devant la petite darse, seul endroit on l'on peut débarquer, nous nous jetons tous à l'eau car il fait une chaleur torride et nous avons cuit pendant la traversée.

poisson faucon tacheté

poisson harpe

poisson chèvre
Le tombant sous marin nous émerveille toujours autant mais pourtant l'humeur reste morose car devinez quoi ? Notre dessalinisateur Spectra débloque à nouveau. Yves craque, il n'a plus d'idée quant à l'origine des pannes.

labre à bandes rouilles (rare en Polynésie

baliste à queue rose
acanthaster à coté du corail qu'elle mange
le lendemain de notre arrivée, la goélette de ravitaillement est là

premier ravitaillement de l'années

préparation pour une longue marche

Nous avons deux missions à remplir. La première : acheter des vivres frais.  En dehors de 3 choux et 10 mangues dénichés à Rangiroa nous n'avons plus rien et survivons grâce aux conserves.

10 jours de consommation
Ici on se jette sur tout ce qu'on trouve : poivrons, tomates, oignons, avocats, pota, haricots verts, bananes, papayes, citrons, mangues, pamplemousses... on fait le plein.
achat chez l'habitant
Nous achetons aussi des crabes des cocotiers à nos amis Mata et Ruben qui en prime nous donnent papayes et citrons et nous promènent en voiture dans l'île.
Ruben "enveloppe" les kaveux"

Le problème ensuite est de les déballer sans se faire pincer

Pierre se charge de les cuire

La deuxième mission me parait plus délicate : je dois trouver des pousses de vanille que j'ai promis de rapporter à Heiariki et Lionel, le couple de gentils polynésiens qui vit perdu dans un motu du nord d'Apataki. En fait je m'inquiète pour rien, 

"c'est pas difficile m'explique-t-on, tu vas dans la forêt, tu en trouveras partout". 
A la recherche de la vanille en forêt

Et en effet ça marche très bien, de plus le propriétaire d'une plantation de vanille  me conseille d'aller y prélever quelques pieds. "prend de bonnes tiges conseille-t-il, n'hésite pas". Dont acte.

on se sert dans la "vanilleraie"

Nous rendons visite à Elizabeth et Elie, un autre couple qui nous avait reçu si gentiment quand nous sommes passés avec Jules.

Chez Elie et Elizabeth


Il y a 15 jours, un vétérinaire en vacances est passé dans l'île avec tout son matériel. Il a proposé  aux habitants de stériliser leurs chiens et chats (des chiens faméliques à moitié abandonnés pullulent dans toutes les îles). Elizabeth a fait opérer sa chienne Popoti


et nous dit "Maintenant je dois enlever les fils, mais j'ai peur de lui faire mal"...

Evidemment  Pierre propose de s'en charger.


Soulagée Elisabeth nous abreuve de délicieux jus de fruits, nous repartons au bout de plusieurs heures agréables passées en leur compagnie avec des confitures, des papayes, et du uru (fruits de l'arbre à pain). 
Cueillette des papayes
Le jardin potager


un plateau de fruits préparé pour nous

Nous avons du mal à rentrer à bord, une houle énorme déferle dans la darse, il faut vraiment viser entre deux trains de vagues. On fait cela en 2 temps pour ne pas trop alourdir le pneumatique dont le moteur de 10 CV a du mal à trainer le Zodiac chargé de 5 personnes.

Le lendemain la houle a encore grossit, tout débarquement semble impossible, alors nous décidons de partir.

De toute façon nous devons livrer nos pieds de vanille au plus vite à nos amis d'Apataki.  Je préviens Heiariki de notre arrivée par SMS, elle parait toute contente et me demande même d'apporter des citrons ...

Pendant la traversée on pêche un fou...

Nous voici donc repartis, toutes voiles dehors, enfin avec un ris dans la grand voile tout de même, à tirer des bords pour aller vers l'est. 30 heures de mer sous les grains

on a beaucoup de mal à lui enlever l'hameçon planté dans l'abdomen

, entourés d'orages, des éclairs sur tout l'horizon qui illuminent la nuit pendant des heures avec une lumière d'une telle intensité qu'on en est aveuglés lorsqu'elle se reflète sur la grand voile.

Entre 2 grains

Nous entrons dans l'atoll d'Apataki par la passe nord à l'est vers 13 heurs le vendredi 22 janvier

ça souffle encore...
et traversons le lagon (13 milles) pour mouiller à la pointe nord ouest où habite Heiariki et Lionel.

Bizarrement on ne voit pas leur petite barque sur la plage, mais qu'à cela ne tiennent, nous débarquons tout de même avec citrons et vanille. Seuls les 3 chiens faméliques de Lionel nous accueillent. La maison est barricadée, personne.

On suspend vanille et citrons sous la "véranda" et quittons les lieux sous les regards tristes des 3 chiens. Monique et moi somme tout de même un peu turlupinées par l'état de ces pauvres bêtes qui n'ont visiblement rien à manger. Le téléphone passe mal, je n'arrive pas à joindre Heiariki, je ne sais pas quand ils vont revenir.

Alors avec Monique nous créons aussitôt une antenne de la SPA, elle Présidente et moi Trésorière et décidons de préparer une grosse platée de semoule que nous leur apportons en annexe.



Le succès dépasse nos prévisions : le lendemain matin dès que nous sommes levés nous entendons les chiens aboyer, puis deux d'entre eux partent de la plage à la nage et finissent par arriver au bateau pourtant mouillé à plus de 200 mètres du rivage.

les chiens arrivent à la nage
ouf sauvés !

Nous n'en revenons pas. Nous les hissons à bord, je crois bien qu'ils ne refuseraient pas d'être adoptés, mais le capitaine ne l'entend pas de cette oreille..

maintenant il faut les ramener à terre


. Alors à nouveau je prépare une grosse ration de semoule et en annexe nous ramenons les 2 chiens à la maison

et donnons largement à manger aux trois qui malgré leur faim se montrent patients et attendent sagement qu'on remplisse les gamelles.

En grimpant sur la baume je réussi à joindre Heiariki au téléphone. Ils sont au village et ne reviennent que lundi... merci d'avoir prévenu...Nous ne pouvons pas les attendre, c'est que nous avons un programme chargé, plein d'atolls et d'îles à visiter, et puis si on ne part pas maintenant, les chiens vont élire domicile à bord, ça va faire désordre... Heiariki est triste, mais "vous  serez toujours dans mes prières" nous dit elle. Sur ces belles paroles que nous appareillons pour Fakarava.

 

 Nous espérons que vous n'avez pas trop froid et que vous gardez le moral.







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