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RAROIA, l'île du Kon Tiki - 9-11 février 2021



 Nous choisissons de nous rendre sur l'atoll de Raroia, cap au 77 au départ de la passe Manureva de Raraka. Le vent soufflant du 76, s'ensuivent 50 heures de navigation au près assorties de 28 virements de bord, une belle galère. Non seulement nous luttons contre le vent, mais chaque nuit des orages effroyables nous entourent, les éclairs déchirent le ciel  et tombent en rideaux de feu de tous les cotés, nous devons les éviter à tout prix et pour cela sans arrêt changer d'amure.


On ne pêche aucun poisson, que des fous !

A tel point qu'on doit ramasser nos lignes

Vous imaginez notre soulagement quand à 9h30 mardi 9 février nous entrons dans le lagon de Raroia.  Nous le traversons aussitôt d'ouest en est, 6 milles au moteur, tout droit, sur de l'eau calme, le rêve.

Arrivée dans la passe

Nous nous rendons sur le motu Tahuna Maru où le 7 aout 1947 Thor Heyerdahl est arrivé en petit paquet sur son radeau le Kon Tiki. (16° 03 872' sud - 142° 21 545' sud)

C'est sur ce tout petit motu que le Kon Tiki est arrivé, à l'opposé du village
Une stèle couverte de guano (nous la nettoyons) commémore l'événement, sur les arbres alentours des pavillons norvégiens flottent au vent et au dessus des dizaines de sternes blanches tournoient dans l'azur, le calme enfin retrouvé nous ravit, une bonne sieste achève de nous remettre de nos émotions.



Malgré tout le moral de l'équipage reste bas : le Spectra nous a lâché de nouveau, Yves peine à comprendre la panne. Toute la soirée et la matinée du lendemain, il cogite et tente différentes solutions sans résultat.

Pour nous changer les idées nous partons vers une ferme perlière que nous avons visité en 2017. La gérante, Ghislaine La Poussinière nous avait à l'époque réservé le meilleur accueil.

Comme on s'y attendait l'activité de la ferme est en sommeil, Ghislaine la dirige toujours,

Retrouvaille avec Gigi

 mais avec 4 employés seulement au lieu des 10 auparavant sans compter les 10 greffeurs chinois.  Ceux ci  partis depuis deux ans et ne peuvent revenir cause Covid.

En ce moment Gigi fait ramasser les dernières nacres encore à l'eau.
Une fois les perles retirées, les coquillages sont sacrifiés, le muscle récupérés, congelés et vendus plus tard à Tahiti. 
Par manque de greffeurs (et de clients) on ne cultive plus de perles à Roroia.

Cette ferme, comme la plupart aux Tuamotu va fermer. "Après, on n'aura plus de boulot" disent les employés, résignés.


Les perles sont pesées, remarquez l'aiguille croche...
Et mise dans des paquets scellés que Gigi portera elle même à l'avion 

Les huitres sont sacrifiées pour récupérer le muscle mangeable




Nous faisons le tour du minuscule motu où sont installés les dortoirs et la cuisine du personnel.

Les collecteurs, encore appelés ombrières sont stockés en attendant que les affaires reprennent
Quelques cultures de plantes décontractantes décorent les bâtiments,
on en trouve même dans l'enclos à cochons "Ici on fait c'qu'on veut" nous a précisé Mado toujours joviale.
 Ghislaine s'amuse de nous revoir et pour marquer nos retrouvailles nous offre une pleine bouteille de 1.5 litres de coca-cola... remplie de noix (muscle) de nacre, moins parfumées que celles des coquilles St Jacques mais tout de même nous nous régalons.

Au menu : noix d'huitre perlière et leur canapé d'avocat au citron vert
A force de se prendre la tête, Yves trouve un moyen de faire fonctionner le déssalinisateur au grand soulagement de l'équipage. Notre pérégrination peut continuer, cap sur Amanu, 


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