Pendant 2 jours nous suivons avec tristesse la
trajectoire du cyclone Harold sur les Vanuatu.
ça nous fait mal d'imaginer tous les petits villages
que nous connaissons, sur la côte ouest de Pentecôte par exemple, balayés par
le vent.
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| Cases en bambous, à 20 mètres de la mer.... |
Adieu les petites cases en bambous, exit les
fragiles toits de tôles. Toutes les maison en bordure de plage on du être
submergées.
Nous espérons que toutes les personnes qui nous
avons rencontrées ont pu trouver refuge sur les hauteurs.
Mais maintenant que peuvent ils faire ? personne ne
leur vient en aide, une tragédie humaine de plus qui cette fois nous remue
énormément.
J'étais justement en train de regarder toutes nos
photographies prises au Vanuatu. Il y en a plus de 2500, après les 4500 de la
Nouvelle Calédonie, j'ai les yeux qui se croisent les bras.
Pourtant il faut que j'en sélectionne quelques
centaines seulement pour faire des albums, un vrai travail de confinement qui
prend un temps fou, je recommande donc cette activité par les temps qui courent.
Je ne sais pas si c'est lié, mais ensuite pendant
une bonne semaine nous essuyons un sacré coup de vent., rafales à 30 nœuds, ça
vrombit dans le gréement.
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| Le temps à changé, avec Valérie on fait un tour sur la plage |
Dans ces cas là, on est contents d'être amarré à un
bon corps-mort ce qui est le cas en ce moment et dans une baie abritée de tous
les vents.
Comme tout le monde on attend.
Et cette fois avec Valérie nous décidons de profiter
des livraisons du pneumatique rouge qui appartient à la chaine de supermarchés
New World.
On n'a qu'à cliquer et on est livré. Il faut dépenser
une somme minimum de 200 dollars (112 €), à deux c'est facile d'y arriver.
On a tout de même quelques surprises car certaines
denrées sont manquantes, par exemple Valérie ne reçoit pas de farine ni de
sucre, moi il me manque les pamplemousses...
| les caisses sont très lourdes |
A cause du mauvais temps ce n'est pas le zodiac
rouge qui vient livrer, mais un bateau en alu, mieux ponté où le barreur et la
jeune femme qui se coltine les paquets sont mieux abrités.
| Et voilà, livraison terminée, ça dure moins de 5 minutes |
La vie s'organise donc, on pourrait rester ici des
mois, sauf que sans pouvoir descendre à terre on finirait peut être par trouver
le temps long.
Le "dairy farmer" et sa femme sont venus
une nouvelle fois nous apporter un filet garni avec 1 citron, 1 orange, 1
oignon, un bout de chou, du pain dégueulasse et des crackers immangeables (mais
que nous avons mangé quand même car il ne faut rien perdre ).
Valérie et Louis Michel ont reçu exactement le même.
Ce type est vraiment sympathique, dommage que nous puissions difficilement
"socialiser" car il faut garder ses distances et nous ne pouvons l'inviter à bord.
| "Gambler" le cabin-cruiser du dairy-farmer |
Nous discutons quand même un peu et apprenons qu'il
vit à Hamilton, une ville du nord de la Nouvelle Zélande et qu'il est donc
propriétaire d'une ferme avec 1000 vaches laitières dans l'île du sud. Il vend
toute sa production à Fonterra ( le Lactalis local) et avoue que 94% des produits laitiers kiwis
partent à l'exportation..., principalement en Asie et particulièrement en Chine.
Nous partageons un bon moment à bord, pendant qu'il pleut et vente dehors.
Valérie et Louis Michel font preuve d'héroïsme
pour nous rejoindre, ils ont juste une
annexe à rames et avancer contre le vent tient de l'exploit.
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| Quelques jours auparavant on a fêté les 76 ans de Louis Michel |
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| A bord de leur monocoque en alu : Amen |
Tout le monde se tient tranquille dans son bateau,
plus personne ne sort et nos amis Kiwis doivent certainement vider leur boite à
eau noire nuitamment dans la baie, comme quoi il n'y a rien de parfait.
Yves trouve et se crée des occupations.
Par exemple il s'emmanche (malgré le temps
détestable) de démonter les winches sur la mât pour les graisser. C'est vrai,
c'est urgent, on part demain c'est bien connu.
Dans une rafale un joint de 5 cm de diamètre lui
échappe, s'envole et tombe dans l'eau trouble...
Que vouliez vous qu'il fit contre ça ?
Qu'il se tût ?
Ou qu'une idée bizarre alors le secourût ?
Evidemment oui.
Jurons, précipitation,
Et très vite on se rue sur la combinaison;
La bouteille, les palmes masque, tuba, détendeur
Et Yves fait des ronds dans l'eau pendant plus d'une
heure.
Téthys va, vient, tourne et retourne au gré du vent
Le joint, très léger, emporté par le courant
Dérive doucement avant de bien couler,
Devient alors impossible à localiser.
Mais Yves s'acharne sur le fond, vous le connaissez
Avec Barbie la raie qui souhaite une peu l'aider
Elle souffle sur la vase et trouble encore plus
l'eau
Yves fort
importuné chasse l'animal ballot.
Moi, prudente, j'attends, calfeutrée à l'intérieur.
Je sors de temps en temps pour me donner du cœur,
Inquiète, je me rassure quand je repère ses bulles.
Tant qu'il respire cela va bien, je sais c'est nul.
Et puis tout à coup tel un Neptune triomphant,
Yves surgit de l'onde tout joyeux et brandissant
L'immonde joint baladeur source de nos émois,
STOP - on arrête le délire, le confinement ça cogne
un peu quand même.
Nous sommes peut être au bout du tunnel, Jacinda la Première ministre a annoncé le début d'un dé-confinement progressif à partir du mardi 28 avril.
On a déjà programmé un retour vers Whangarei pour dimanche prochain.
On espérait passer une nuit dans une marina,
histoire de se prendre une douche chaude et faire un peu de lessive, mais elles
sont toutes complètes.
On peut toujours rester ancrés au milieu de la
rivière Hatea, plus ou moins à proximité des commerces. Il nous faut juste de
la peinture, des filtres pour le dessalinisateur et quelques babioles du genre.
Pour la bouffe grâce à New World on est paré pour un
moment, nous voudrions rallier Paihia dans la Baie des îles, où nous avons
rendez vous avec Jules qui commence à trouver le temps long et semble plus que
jamais prêt à partir avec nous, il ne craint pas de faire de la voile avec Papy
et Mamy, je m'interroge.
Cela dit, les frontières de la Polynésie sont
toujours fermées, la décision de partir sera difficile à prendre, moi je me dis que dès qu'on a une météo
favorable, il faut qu'on parte. D'abord on mettra du temps à arriver.
Notre port d'entrée devrait être Raivavae aux
Australes.
On pourra toujours mouiller devant le quai, sans
débarquer et voir ce que disent les autorités.
On connait les gendarmes... enfin si ce sont
toujours les mêmes, hyper accueillants, le chef nous offrait systématiquement
un régime de bananes quand on allait le voir... Quel beau pays, j'ai hâte d'y
être.
Allez, comme dit Jacinda "stay in your
bubble", plus qu'une vingtaine de jours.
Bises à tous.








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