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70 ans dans le confinement et délire cornélien


Pendant 2 jours nous suivons avec tristesse la trajectoire du cyclone Harold sur les Vanuatu.
ça nous fait mal d'imaginer tous les petits villages que nous connaissons, sur la côte ouest de Pentecôte par exemple, balayés par le vent.
Cases en bambous, à 20 mètres de la mer....
Adieu les petites cases en bambous, exit les fragiles toits de tôles. Toutes les maison en bordure de plage on du être submergées.
Nous espérons que toutes les personnes qui nous avons rencontrées ont pu trouver refuge sur les hauteurs.
Mais maintenant que peuvent ils faire ? personne ne leur vient en aide, une tragédie humaine de plus qui cette fois nous remue énormément.
J'étais justement en train de regarder toutes nos photographies prises au Vanuatu. Il y en a plus de 2500, après les 4500 de la Nouvelle Calédonie, j'ai les yeux qui se croisent les bras.
Pourtant il faut que j'en sélectionne quelques centaines seulement pour faire des albums, un vrai travail de confinement qui prend un temps fou, je recommande donc cette activité par les temps qui courent.
Je ne sais pas si c'est lié, mais ensuite pendant une bonne semaine nous essuyons un sacré coup de vent., rafales à 30 nœuds, ça vrombit dans le gréement.
Le temps à changé, avec Valérie on fait un tour sur la plage
Dans ces cas là, on est contents d'être amarré à un bon corps-mort ce qui est le cas en ce moment et dans une baie abritée de tous les vents.
Comme tout le monde on attend.

Et cette fois avec Valérie nous décidons de profiter des livraisons du pneumatique rouge qui appartient à la chaine de supermarchés New World.

On n'a qu'à cliquer et on est livré. Il faut dépenser une somme minimum de 200 dollars (112 €), à deux c'est facile d'y arriver.
On a tout de même quelques surprises car certaines denrées sont manquantes, par exemple Valérie ne reçoit pas de farine ni de sucre, moi il me manque les pamplemousses...
les caisses sont très lourdes
A cause du mauvais temps ce n'est pas le zodiac rouge qui vient livrer, mais un bateau en alu, mieux ponté où le barreur et la jeune femme qui se coltine les paquets sont mieux abrités.
Et voilà, livraison terminée, ça dure moins de 5 minutes

La vie s'organise donc, on pourrait rester ici des mois, sauf que sans pouvoir descendre à terre on finirait peut être par trouver le temps long.
Le "dairy farmer" et sa femme sont venus une nouvelle fois nous apporter un filet garni avec 1 citron, 1 orange, 1 oignon, un bout de chou, du pain dégueulasse et des crackers immangeables (mais que nous avons mangé quand même car il ne faut rien perdre ).
Valérie et Louis Michel ont reçu exactement le même.

 Ce type est vraiment sympathique, dommage que nous puissions difficilement "socialiser" car il faut garder ses distances et nous ne pouvons l'inviter à bord.
"Gambler" le cabin-cruiser du dairy-farmer

Nous discutons quand même un peu et apprenons qu'il vit à Hamilton, une ville du nord de la Nouvelle Zélande et qu'il est donc propriétaire d'une ferme avec 1000 vaches laitières dans l'île du sud. Il vend toute sa production à Fonterra ( le Lactalis local)  et avoue que 94% des produits laitiers kiwis partent à l'exportation..., principalement en Asie et particulièrement en Chine.

  Bon je passe sur les agapes du 14 avril avec langoustes (cadeau de Louis Michel) et un gâteau breton délicieux plein de beurre.

Nous partageons un bon moment à bord, pendant qu'il pleut et vente dehors.
Valérie et Louis Michel font preuve d'héroïsme pour  nous rejoindre, ils ont juste une annexe à rames et avancer contre le vent tient de l'exploit.
Quelques jours auparavant on a fêté les 76 ans de Louis Michel

A bord de leur monocoque en alu : Amen

Tout le monde se tient tranquille dans son bateau, plus personne ne sort et nos amis Kiwis doivent certainement vider leur boite à eau noire nuitamment dans la baie, comme quoi il n'y a rien de parfait.

Yves trouve et se crée des occupations.
Par exemple il s'emmanche (malgré le temps détestable) de démonter les winches sur la mât pour les graisser. C'est vrai, c'est urgent, on part demain c'est bien connu.
Dans une rafale un joint de 5 cm de diamètre lui échappe, s'envole et tombe dans l'eau trouble...
Que vouliez vous qu'il fit contre ça ?
Qu'il se tût ?
Ou qu'une idée bizarre alors le secourût ?
Evidemment oui.  Jurons, précipitation,
Et très vite on se rue sur la combinaison;
La bouteille, les palmes masque, tuba, détendeur
Et Yves fait des ronds dans l'eau pendant plus d'une heure.
Téthys va, vient, tourne et retourne au gré du vent
Le joint, très léger, emporté par le courant
Dérive doucement avant de bien couler,
Devient alors impossible à localiser.
Mais Yves s'acharne sur le fond,  vous le connaissez
Avec Barbie la raie qui souhaite une peu l'aider
Elle souffle sur la vase et trouble encore plus l'eau
Yves fort  importuné chasse l'animal ballot.
Moi, prudente, j'attends, calfeutrée à l'intérieur.
Je sors de temps en temps pour me donner du cœur,
Inquiète, je me rassure quand je repère ses bulles.
Tant qu'il respire cela va bien, je sais c'est nul.
Et puis tout à coup tel un Neptune triomphant,
Yves surgit de l'onde tout joyeux et brandissant
L'immonde joint baladeur source de nos émois,
Vous comprendrez sans doute que nous en restons cois...
Le joint honni

STOP - on arrête le délire, le confinement ça cogne un peu quand même.


N'empêche que tous les winches sont maintenant révisés



Nous sommes peut être au bout du tunnel, Jacinda la Première ministre a annoncé le début d'un dé-confinement progressif à partir du mardi 28 avril.

On a déjà programmé un retour vers Whangarei pour dimanche prochain.
On espérait passer une nuit dans une marina, histoire de se prendre une douche chaude et faire un peu de lessive, mais elles sont toutes complètes.
On peut toujours rester ancrés au milieu de la rivière Hatea, plus ou moins à proximité des commerces. Il nous faut juste de la peinture, des filtres pour le dessalinisateur et quelques babioles du genre.

Pour la bouffe grâce à New World on est paré pour un moment, nous voudrions rallier Paihia dans la Baie des îles, où nous avons rendez vous avec Jules qui commence à trouver le temps long et semble plus que jamais prêt à partir avec nous, il ne craint pas de faire de la voile avec Papy et Mamy, je m'interroge.

Cela dit, les frontières de la Polynésie sont toujours fermées, la décision de partir sera difficile à prendre,  moi je me dis que dès qu'on a une météo favorable, il faut qu'on parte. D'abord on mettra du temps à arriver.
Notre port d'entrée devrait être Raivavae aux Australes.
On pourra toujours mouiller devant le quai, sans débarquer et voir ce que disent les autorités.
On connait les gendarmes... enfin si ce sont toujours les mêmes, hyper accueillants, le chef nous offrait systématiquement un régime de bananes quand on allait le voir... Quel beau pays, j'ai hâte d'y être.
Allez, comme dit Jacinda "stay in your bubble", plus qu'une vingtaine de jours.
Bises à tous. 


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