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EN ROUTE VERS LE NIVEAU 2

La lune du 6 mai, vous l'avez vu aussi belle ?

Imaginez vous la rade de Brest en plein mois de novembre.
Eau trouble, vent violent et froid, pluie suivie d'averses.... Vous êtes là, dans votre voilier au mouillage, pas bien loin du port de plaisance, mais soumis à tous les vents.
C'est notre lot quotidien depuis une semaine. Le matin il fait 9° dans le carré. Yves se lève en premier et allume le four pour réchauffer du pain et l'atmosphère.
Dans sa bonté il me chauffe une casserole d'eau pour ma toilette ; il fait plus froid encore dans les flotteurs, mais on n'a pas de thermomètre.
Le premier super marché est à une heure à pied, 20 minutes en vélo, même si ça nous réchauffe de pédaler on n'y va pas tous les jours. 
(passage protégé ?!) -Piétons et vélos ne sont pas à la fête pour traverser
D'autant plus que charger et trimbaler les vélos dans le zodiac n'est pas une partie de plaisir.
Le matin avant la pluie,
Entre deux averses
Tout ça pour vous dire qu'on a pas envie de passer l'hiver ici et vraiment hâte de pouvoir partir. On trouve que la Polynésie ne fait vraiment pas d'effort pour les plaisanciers. Quelque soit notre pays de départ, nous sommes tous au minimum à 15 jours de navigation de l'archipel, les autorités pourraient en tenir compte comme temps de quarantaine et nous laisser venir bien tranquillement....

Un bateau patrouille dans la rivière devant les chantiers pour mesurer la pollution au fur et à mesure de la reprise
Clear water qu'ils disent, humour britannique ?
Et une pelleteuse drague la vase chaque jour dès 8h du matin

Je ne sais pas comment sont vos maisons, mais Téthys étincelle.
Toutes les cales, coffres et placards sont vidés et nettoyés. On  refait les chants de toutes les portes.

Cela nous a prend une bonne journée, d'autant plus que Yves lâche la dernière porte qu'il est en train de poncer au dessus de l'eau.

Heureusement ça flotte, mais elle part à vitesse grand V dans le courant, il faut se dépêcher de mettre le zodiac à l'eau pour la récupérer avant qu'elle ne s'échoue dans la vase sous la mangrove. Voyez, on s'amuse.
Ensuite Yves passe toutes les portes au Mirror, elles brillent. Il va même jusqu'à camoufler quelques impacts avec de la peinture, on les croirait neuves.
J'astique tous les chandeliers qui miroitent au soleil, du jamais vu, plus beau qu'à la sortie du chantier en 1998....
Un soir à la nuit tombée nous allons en cachette au chantier Norsand.
Le niveau 3 de confinement ne permet pas qu'on se rende dans une propriété privée. Nous arrivons à la rame en annexe, arrimons l'annexe à un ponton branlant qu'on escalade avec moult précautions et hop nous voilà sur la terre ferme.
Le but est d'aller rendre visite à un couple français, Pascale et Stéphane, qui viennent d'acheter le beau trimaran Neel 45 qu'on avait repéré l'année dernière au chantier.
Pascale et Stéphane arrivent de Paris le 17 mars, par un des derniers vols qui ont quitté la France.
Ils se présentent au chantier, vont visiter leur nouvelle acquisition, mais pas question de s'installer. Le propriétaire du chantier Norsand les fiche carrément dehors. Les Européens ne sont pas le bienvenu, ils doivent aller à l'hôtel ; le confinement est déjà prévu en NZ pour le 25 mars.
Pascale et Stéphane n'ont donc pu regagner le chantier que le 25 avril, jour du commencement du niveau 3. Les ouvriers n'ont accepté de travailler dans leur voilier qu'une fois qu'il a été désinfecté ... véridique !
Cuisine du Neel 45
Leur but est d'aller en Polynésie, c'est leur première expérience au long court et comme ils ont entendu dire que nous y allons (enfin tentons de) ils sont contents de nous interroger sur la route, les options météo, etc. que l'on a choisies. Impressionnée par le confort à bord, j'aimerais quand même bien faire un tour avec, en haute mer par forte houle, et voir comment on peut descendre l'échelle verticale de près de 10 marches qui permet l'accès à la cambuse. Je me suis bien gardée d'évoquer cela devant Pascale.
Me suis contentée de lui conseiller d'acheter une cocotte minute pour ne pas (trop) s'ébouillanter en cuisinant pendant les coups de vent...
Le carré, comme vous voyez on a été bien reçus
Ce Neel 45 est vraiment super équipé, chauffage, lave linge, douches, eau chaude à gogo, tout en 220 volts mais aussi et surtout un Iridium "PILOT",  (pour ceux qui connaissent) + un Immarsat..... y'a tout ce qui se fait de mieux et de plus cher.
On a des ennuis avec notre Spectra (dessalinisateur) dont les filtres s'encrassent très vite à cause de l'eau boueuse charriée par la rivière.
Alors on décide d'aller vers l'embouchure où l'eau est plus propre, on voit même le fond, à 3 mètres sous la coque.(Calliope Bay 35°49.729 S -174°30.547 E)
Et alors, décision folle, on va caréner.
Température de l'eau : 16°; Pour tenir le coup avec ma combinaison "Tropic 3 mm" je rajoute 4 couches : gilet en néoprène (merci Monique) pull en acrylique spécial nage, shorty (merci Monique) et une veste sans manche avec cagoule (merci Yves) + ma cagoule....

Avec tout cela je tiens 1h30, simplement je mets 2 heures à me réchauffer pieds et mains....
Tout ce que j'ai enfilé...
Pour gagner du temps, on s'organise autrement, Yves (qui a emporté sa combinaison pour eaux bretonnes) s'occupe de la quille et du dessous des coques en bouteille, pendant que je fais le reste en surface (pas trop d'apnée).
Bref 1h30 de travail conjoint nous suffit et nous sommes très contents car il y a juste un épais duvet d'algues et de vase sur le Coppercoat, un simple coup de torchon suffit à l'enlever, aucune bestiole ne s'est installée, nous sommes soulagés.
Le niveau 2 du déconfinement est annoncé pour jeudi prochain 14 mai. Transports, entreprises, boutiques, cinémas et restaurants vont ouvrir, les cafés attendront le 21 pour en faire autant.
Tout cela doit se faire en respectant des distances minimales entre personnes (j'imagine un siège sur 2 au cinéma, une table sur 2 au resto ??) et tout rassemblement de plus de 10 personnes est interdit...
Voilà où nous en sommes.
Nous attendons toujours un colis commandé le 28 avril. (un tabouret !)
Dès qu'on le reçoit, on part récupérer Jules et on fait un tour en mer avec lui pour qu'il connaisse le bateau.
Après, et bien après on attend que la Polynésie nous accepte...
En espérant que vous ne reviendrez pas à la case départ comme l'Allemagne et la Corée du sud, on vous renouvèle nos souhaits de bon déconfinement.
Wash your hand, wash your hand, wash your hand, c'est le maître mot ici, mais on ne parle pas du port de masque.



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